Interviews - conférences de presse    

Ses apparitions dans les revues ou à la télévisions étant rares, vous trouverez ici quelques interviews ou conférences de presses...

  Kusturica Opposes Bombardment in the Name of Humanity - interview parue en anglais sur www.zmag.org le 8 juillet 2002    

Zlatibor, Yugoslavia, May 17, 2002 (Kyodo) - Emir Kusturica, the Sarajevo-born filmmaker, has won two Palme d'Or awards at Cannes since starting out as a film director in 1981. During his 20-year career he has produced only seven films, all of which have won praise. Asked what he thinks of events in Afghanistan, Kusturica said the United States is "bombarding (the country) in the name of humanity" to achieve "its own strategic and economic interests." He was speaking to Kyodo News in an interview held at a hotel in the mountainous district of Zlatibor in Yugoslavia, where the director and his colleagues are working on a new film called "Gladno Srce" (Hungry Heart). The district is near Bosnia. "The international community has never intervened properly in" the former Yugoslavia, he says. "The international community was supposed 10 years ago to bring the whole of former Yugoslavia into the European Union, to give credits, to give money and to help it keep going as a normal country," said Kusturica, wearing a T-shirt with the face of Ernesto "Che" Guevara printed on it.

The following are excerpts from Kyodo's interview with Kusturica.

His quotes below are edited for the sake of readability.

Biographical note: Emir Kusturica, born in Sarajevo in 1954, began his career as TV-film director in the capital of former Yugoslavia's Bosnia-Herzegovina after having studied film-making technologies at FAMU School in Prague. In 1981, his first film "Do You Remember Dolly Bell?" won the Golden Lion Award in Venice. His other films include "Time of the Gipsies," which earned the Best Director Award at Cannes, "When Father Was Away On Business," winner of the Palme d'Or at Cannes in 1985, and "Underground," winner of the Palme d'Or in 1995.

  "Je viens du pauvre sud" - interview parue dans le journal l'Humanité le 13 octobre 2001    

Rencontre parisienne avec Emir Kusturica, l'homme aux deux palmes d'or cannoises. Pour parler cette fois de Sarajevo, films de famille, subversion et zizique.

Super 8 Stories est le dernier film d'Emir Kusturica (voir l'Humanité de mercredi 10 octobre), documentaire sur le No Smoking Orchestra dans lequel le cinéaste joue de la guitare. Rencontre à Paris avant l'un de ses concerts.

Entretien réalisé par Michèle Levieux

  Interview d'Emir Kusturica et le No Smoking Orchestra, avant le concert à l'Aéronef, le 29 mai 2000    



Merci à Julien pour la retranscription de l'interview...

  Conférence de presse à Montréal    

Emir Kusturica prépare un film par Pierre-Mathieu Tremblay

Présent au Festival des Films du Monde de Montréal avec son groupe de musique, Emir Kusturica en a profité pour rencontrer la presse et parler de ses projets. Résumé de la conférence de presse.

Bien qu'il s'affaire actuellement à tourner (musicalement parlant) avec le groupe The No Smoking Band, le cinéaste Emir Kusturica n'a pas renoncé à tourner... un prochain film.

Même s'il avoue avoir cinq ou six scripts qu'il aimerait tourner, il est sûr à 80 % que son prochain projet se filmera dès le mois de février. C'est l'histoire d'un acteur qui doit interpréter Cyrano de Bergerac à New York. Le soir de la première, il quitte le théâtre pour aller secourir une femme prisonnière de la mafia. Lorsqu'il revient pour jouer Cyrano, il n'a pas besoin d'un faux nez car le sien est cassé. Durant toute la représentation, son nez grossi jusqu'à ce qu'il devienne énorme.

Si Kusturica est parvenu à créer un cinéma dynamique et personnel, il porte toutefois un jugement sévère sur le cinéma contemporain : 80 % des films d'aujourd'hui sont de l'industrie. Les héros et les histoires sont vides.

Pour bien illustrer sa pensée, il utilise la parabole des tomates : Si tu produis un million de tomates, tu risques fort que tes tomates soient moins bonnes que si tu n'en fais pousser que cent.

Bien qu'il écorche calmement la production hollywoodienne, Kusturica ne croit pas pour autant que la partie du cinéma indépendant ne soit perdue d'avance : Les nouvelles technologies sont l'avenir du cinéma indépendant. Il est de plus en plus facile de tourner un film avec peu de moyen.

Mais s'il est plus facile de réaliser un film, il restera toujours le problème de la diffusion : J'ai un bateau en Grèce. Un très vieux bateau qui a eu un jour besoin de réparation. L'homme qui est venu le réparer m'a ensuite donné un recueil de poèmes qu'il avait écrits. Je lui ai fait remarqué que le père de Fellini aussi rénovait des bâtiments et il m'a dit : Mais qui est donc Fellini ?

Si Kusturica ne cache plus son désir de faire du cinéma, il n'en a pas toujours été ainsi. Après le magnifique UNDERGROUND (1995), traitant de la situation en Yougolavie, qui reçut la Palme d'or à Cannes, il déclara publiquement qu'il abandonnait le cinéma. À l'époque, plusieurs observateurs avaient associés cette décision aux nombreuses critiques qui prirent à parti le cinéaste. « Un film pro-Serbe », selon les occidentaux. « Un film pro-Bosniaques », déclara-t-on à Moscou. Bernard-Henri Lévi était du nombre des critiques tout comme le philosophe allemand Alain Finkielkraut, qui accusa Kusturica de propagande pro-Serbe... en n'ayant jamais vu le film !

Mais selon le cinéaste, sa décision n'avait rien à voir avec l'opinion de pseudo-philosophes, un jour inspiré de mai 68, le lendemain maoïste, dont la pensée change au gré des modes. Après UNDERGROUND, j'étais épuisé, il y avait des problèmes de santé et une situation familiale délicate. Plus tard, j'ai réalisé qu'il était pour moi extrêmement suicidaire de ne plus faire de films. Il a alors entrepris CHAT NOIR, CHAT BLANC.

Il s'insurge aussi du terme anglais donné pour désigner les réalisateurs : storyteller (conteur). Pour moi, un réalisateur n'est pas un conteur. C'est un architecte [...] Lorsque j'ai tourné ARIZONA DREAM (1993), je ne me rendais pas compte que Jerry Lewis, Johnny Depp et Faye Dunaway parlaient anglais car j'étais trop préoccuppé par les autres aspects du film.

Quant à sa présence à Montréal avec THE NO SMOKING ORCHESTRA, Kusturica déclare qu'il s'agit d'une très bonne idée d'amener la musique dans un Festival des Films. Particulièrement celui de Montréal, car cherche à préserver le cinéma du monde sans céder à la pression d'Hollywood. Notre musique, comme mon cinéma, est libre. Il est donc plus facile de toucher les gens d'un festival du film s'ils cherchent des films libres, ils sont plus ouverts à écouter une telle musique.

la page originale de l'article de Pierre Matthieu

Merci à Pierre-Matthieu Tremblay pour son accord pour la publication de son article sur ce site.