| Actualité : Janvier 2003 |
La société de production d'Emir Kusturica a co-financé le premier film de Dusan Milic (qui avait été l'assistant réalisateur de Tito et Moi). Le casting reprend des grands noms du cinéma yougoslave (donc de la tribu de Kusturica) : Branka Katic (la jeune fille dans Chat Noir Chat Blanc), Srdjan Todorovic (le bandit de Chat Noir Chat Blanc) et Mirjana Karanovic (que l'on a déjà vue dans Underground et Papa est en voyage d'affaire). Le film devrait sortir dans l'année et être présenté au Festival de Berlin.
Le film s'intitule : Des fraises au supermarché (Jagoda u supermarketu), et c'est le No Smoking Orchestra qui en composera la bande originale, incluant une reprise de Lost in the supermarket de Joe Strummer.
Rappel : Guettez les kiosques : dans le prochain numéro du magazine Studio (à paraître à la fin du mois de janvier 2003), un reportage photographique sur le tournage de Hungry Heart
| The fish doesn't think because the fish knows... everything |
Né le 24 novembre 1955 à Sarajevo en Yougoslavie, Emir Kusturica a réalisé six longs métrages et deux films TV. Parmi ses nombreuses distinctions, il a reçu deux Palmes d'Or à Cannes pour Papa est en voyage d'affaires et Underground, et l'Ours d'Argent (Prix Spécial du Jury) à Berlin pour Arizona Dream.
L'actualité d'Emir Kusturica, c'est le tournage d'un nouveau film Hungry Heart qui a débuté dans les Balkans.
Emir continue en même temps de tourner avec son groupe No Smoking Orchestra à travers toute l'Europe. (Plus d'infos sur la page Musique).
Enfin, depuis 3 ans il a commencé à écrire un livre : Le journal d'un idiot politique, qui racontera en 12 chapitres, des souvenirs de son enfance, des clichés comiques, tragiques ou absurdes de sa propre existence.
| Biographie |
Emir Kusturica est né à Sarajevo, capitale de l'actuelle Bosnie-Herzégovine. Bien que bosniaque musulmane, sa famille a des origines slaves orthodoxes. Son père Murat, comme des millions d'autres yougoslaves, avait renoncé à sa foi pour devenir communiste. Emir, fils unique, dénonça a son tour le communisme pour devenir... cinéaste. Le jeune Emir, peut être par opposition à sa "bonne" famille (son père travaillait au Ministère de l'Information de Bosnie-Herzégovine), se liait facilement d'amitié avec des "voyous" de Sarajevo. Ses parents décidèrent à 18 ans de l'envoyer à l'étranger pour apprendre le cinéma : à la prestigieuse FAMU, l'école de Prague d'où sont notamment sortis Milos Forman ou Goran Paskaljevic.
Très vite appréciés, ses premiers courts métrages sortent rapidement ce jeune étudiant du lot. Son professeur à l'époque l'avait déjà remarqué : Guernica, mais surtout Buffet Titanic qui dénonce le racisme juif sous la deuxième guerre mondiale, avaient déjà faits une impression favorable et lui avait dit : "La seule chose que tu laisseras derrière toi sera tes films ; la fin justifie les moyens". Cette phrase l'a marqué et l'a aidé a mener à bien ses premiers projets personnels, notamment le très risqué Papa est en Voyage d'affaires, dénonçant les déportations politiques de la Yougoslavie communiste, sujet hautement tabou encore à l'époque, c'est à dire peu après la mort de Tito. Jusque là, Emir avait toujours tourné dans sa propre langue, en faisant même parler les acteurs avec leurs accents régionaux, comme pour mieux marquer le pluralisme de la Yougoslavie : pour cela Te souviens-tu de Dolly Bell est le premier film yougoslave qui n'est pas tourné en serbo-croate (l'équivalent du "BBC english"). Emir se tourne alors vers l'étranger et tourne ensuite en romanès pour Le Temps des Gitans puis en anglais pour Arizona Dream. Emir ne se sentait plus à l'aise pour tourner chez lui. Son pays était en guerre, en plein déchirement. Le tournage d'Arizona Dream fut même arrêté plusieurs mois au plus fort des combats, Emir étant incapable de travailler... Suite à cette expérience, il a senti le besoin de devoir raconter aux occidentaux quelle était l'histoire de son pays, à travers son oeuvre la plus ambitieuse : Underground. Avec la sensation d'avoir fait son "devoir", et surtout le sentiment de n'avoir pas été compris, Emir pense se retirer du cinéma (voir la polémique sur Underground)... mais se ravise et décide verser plutôt dans des sujets plus légers, bref de faire des "happy ends" avec ses derniers films : Chat Noir Chat Blanc et Super 8 Stories.
Filmographie :
En tant qu'acteur :
Signalons qu'il a été professeur de cinéma à la Columbia University à l'époque d'Arizona Dream.
Enfin, dans le tiroir des projets abandonnés, signalons :