| Janvier 2003 : Des fraises au supermarché |
La société de production d'Emir Kusturica a co-financé le premier film de Dusan Milic (qui avait été l'assistant réalisateur de Tito et Moi). Le casting reprend des grands noms du cinéma yougoslave (donc de la tribu de Kusturica) : Branka Katic (la jeune fille dans Chat Noir Chat Blanc), Srdjan Todorovic (le bandit de Chat Noir Chat Blanc) et Mirjana Karanovic (que l'on a déjà vue dans Underground et Papa est en voyage d'affaire). Le film devrait sortir dans l'année et être présenté au Festival de Berlin.
Le film s'intitule : Des fraises au supermarché (Jagoda u supermarketu), et c'est le No Smoking Orchestra qui en composera la bande originale, incluant une reprise de Lost in the supermarket de Joe Strummer.
| Janvier 2003 |
Du nouveau en perspective...
| Décembre 2002 : Décès de Joe Strummer |
L'ancien leader du groupe The Clash est décédé à 50 ans le 23 décembre 2002 en Angleterre.
Il avait été aperçu plusieurs fois sur scène avec Emir & le No Smoking Orchestra, on le voit également chanter, gesticuler, sauter, et jouer de la guitare dans le film Super 8 Stories. A propos de la musique il dit aussi :"En Angleterre, tout le monde joue la même chose, vous voyez : guitare, batteries. On n'a pas de gens comme ça là bas. Cette musique est eclectique, elle a vraiment un goût nouveau, un goût inhabituel. C'est sans doute la musique du futur, et celle du passé. C'est pour ça que j'adore Emir !"
| Octobre 2002. Exposition Citoyens Bohèmes au Printemps Haussmann à Paris |
Du 19 septembre au 12 octobre a eu lieu au Printemps Haussmann une exposition de vêtements, photos, videos, objets, parfums, sculptures, et autres installations sur le thème "citoyens bohèmes". Cette exposition était somptueuse et Emir Kusturica y était à l'honneur avec la table du mariage d'Underground reconsitutée, un extrait video du film (la scène du mariage, justement), ainsi que la difusion du film Super 8 Stories.
photo réalisée au cours de l'exposition Citoyens Bohèmes au Printemps Haussmann.
| Octobre 2002. Dernières nouvelles du tournage de Hungry Heart |
Le tournage se passe bien... tellement bien qu'il va se terminer dans les temps ! (une première pour un film d'Emir Kusturica...) Le tournage doit en effet durer jusqu'à fin novembre, début décembre. Il est toujours prévu de présenter le film en compétition officielle à Cannes en 2003.
| Nouvelle interview en anglais |
Emir Kusturica parle de son nouveau film, du 11 septembre, des bombardements en Afghanistan : la page interviews.
| Septembre 2002. Réédition de la Bande originale d'Arizona Dream. Sortie d'un nouvel album de Goran Bregovic |
Suite à des problèmes de droit d'auteur, la bande originale avait été retirée de la vente quelques semaines après sa sortie. A l'occasion de la sortie du nouvel album de Goran Bregovic, elle vient d'être rééditée, agrémentée d'un morceau supplémentaire (le monologue de Johnny Depp sur son enfance)... et les crédits sont maintenant complets pour In the Deathcar. Le thème était en fait emprunté à une chanson corse Solenzara.
L'ensemble de du packaging (couverture, livret, CD) reste le même que la première édition.
Le nouvel album de Goran Bregovic s'intitule Tales and Songs from the weddings and the funerals, et est un mélange de créations, de folklore roumain & yougoslave, et n'est pas sans rappeler les ambiances d'Underground. Il en ressort un album très agréable à écouter, très bien produit, dynamique et sympathique.
| 6 août 2002. Les habitants de Kostunicevo offrent à Emir Kusturica une ancienne maison |
En remerciement pour les moments passés sur le tournage, Emir Kusturica s'est vu offrir une maison vieille de plus de 200 ans ainsi qu'un grand jardin à Kostunicevo par les habitants du village. Il s'agit du premier "village écologique" de Serbie.
Profitant d'une pause dans le tournage, Emir s'est rendu ce 6 août à Kostunicevo pour visiter la maison et a déclaré que ce serait l'endroit idéal pour lui se reposer après l'aventure du tournage de ce film, et même éventuellement pour s'y installer ...
| 1 juin 2002. Des nouvelles de Hungry Heart |
En vrac, les dernières anecdote raportées une journaliste à Sarajevo.
| 25 Mai 2002. Sortie de Super 8 Stories en DVD |
Avec plus d'un mois de retard, le DVD de Super 8 Stories est enfin sorti !
Mise à part la possibilité d'ajouter des sous-titres (ce qui permet de suivre les textes de certaines chansons... c'est assez intéressant !), l'éditeur nous propose en bonus un extrait d'une demie heure environ de l'excellent concert aux vieilles charrues, ainsi que trois video-clips du groupe :
| Mai 2002. Des nouvelles de Hungry Heart |
Kusturica tourne son 7ème long métrage en Serbie par Jean-Eudes BARBIER
MOKRA GORA (Yougoslavie), 14 mai (AFP) - Le cinéaste yougoslave Emir Kusturica poursuit depuis février, avec le tournage en Serbie de son 7ème long métrage, son flamboyant périple à cheval sur la poésie, l'imaginaire et, parfois, le réel le plus cruel, entamé il y a plus de vingt ans.
Fidèle à son tempérament de feu, Kusturica s'est lancé dans cette nouvelle aventure sans se départir des obsessions qui ont jusqu'à présent imprégné son oeuvre et qui, pour l'essentiel, ont trait à l'absurdité des frontières et des idéologies, sources de divisions entre les esprits, les communautés, et génératrices de conflits dévastateurs.
Son futur film, "Hungry heart" (coeur affamé), est en grande partie tourné dans le massif de Zlatibor, à quelques encablures de la Bosnie.
Ce matin, la ligne de chemin de fer qui serpente sur les flancs de Mokra Gora (colline mouillée) sert de décor à l'étrange dialogue auquel se livrent deux hommes à propos d'une ânesse stationnant obstinément au milieu des rails.
Impossible de l'en déloger. La raison? Un chagrin d'amour! La maquilleuse verse et reverse un peu d'eau sous l'oeil de l'animal, afin d'alimenter son flot de larmes.
-Pourquoi pleure-t-elle? questionne l'un des deux hommes.
- Elle veut mourir et attend qu'un train la renverse, répond le propriétaire de la bête, qui parait bien impuissant face à un tel entêtement.
L'attente (de la mort) risque d'être longue car la pose de la ligne ferroviaire est loin d'être achevée.
"Hungry Heart" raconte l'histoire d'un entrepreneur attelé, précisément, à la construction d'une voie ferrée devant relier la Serbie à la Bosnie. Mais le déclenchement de la guerre en 1991 --début de l'éclatement de la Yougoslavie de Tito-- interrompt les travaux.
Le responsable reste sur place pour assurer la protection des installations mais son fils est enrôlé dans l'armée et fait prisonnier. Il ne pourra être libéré qu'en échange d'une femme musulmane pour laquelle le père du détenu s'est pris de passion...
Kusturica, longue chevelure en bataille, taillé dans un corps d'athlète, a toujours, à 48 ans, le regard scrutateur de la passion. Conforté par un gros cigare, il donne ses ordres, multiplie les mots d'humour, court sous une tente abritant l'écran de contrôle, devise avec les techniciens, livre ses dernières consignes aux acteurs.
L'un d'eux, Slavo Stimac, est un familier du cinéaste originaire de Sarajevo, pour avoir joué des rôles importants dans deux de ses films précédents, "Te souviens-tu de Dolly Bell?" (1981) et le célèbre "Underground" (1995), respectivement primés à la Mostra de Venise et au festival de Cannes (palme d'or).
Mais Kusturica aime aussi diriger des gens qui ne se sont jamais frottés au monde du cinéma. Pour "Hungry heart", plusieurs membres de son équipe sont allés chercher Obrad Djurovic sur une crête isolée de la Républika Srbska (RS), l'entité serbe de Bosnie, où il s'est réfugié après avoir enseigné pendant quarante ans les mathématiques à Sarajevo.
Toque d'astrakan sur le crâne, bottes et long manteau élimés, doigts noueux, Djurovic n'aspire qu'à rentrer chez lui mais il ne tarit pas d'éloges sur Kusturica. "J'aime sa façon de faire parler les animaux, à la manière des hommes dans la vie. Ce film est une fable. Ce sera un grand succès", prédit-il.
Les animaux occupent une place importante dans l'oeuvre de Kusturica. Dans un court métrage datant de 1996, il retrace l'histoire d'un Serbe qui ne peut accéder à sa maison qu'en passant par le jardin de voisins. S'étant disputé avec eux, il n'est plus libre de ses mouvements et rêve d'être un oiseau...
Le dernier tour de manivelle de "Hungry heart" est prévu en octobre et la sortie du film en 2003. Réalisé en partie avec des capitaux français, l'ouvrage bénéficie d'une musique composée par le groupe "No Smoking Orchestra" dont le bassiste n'est autre que Kusturica.
jeb/ff eafp
| Mai 2002. Nouvelles rubriques |
Ajout des rubriques :
| Avril 2002. Sortie du DVD Edition Collector d'Arizona Dream |
Truffé de bonus, ce DVD apporte un nouveau regard sur le film culte avec notamment une séquence inédite de 12 minutes retirée du montage final par les distributeurs américains. Des images ici.
| Mars 2002. Emir Kusturica est devenu Ambassadeur de l'UNICEF pour la Yougoslavie |
Mars 2002. Emir Kusturica est devenu Ambassadeur de l'UNICEF pour la Yougoslavie.
"Le regard qu'il porte sur les enfants et les jeunes (dans ses films mais pas seulement) ; la façon dont le monde est vu par leurs yeux, surtout les enfants exploités ou appartenant à des minorités nous a seduit."
(Jean-Michel Delmotte, Représentant de l'UNICEF en yougolsavie)
| Février 2002. Début du tournage de Hungry Heart en Bosnie |
Information reçue de Nina, journaliste au quotidien Oslobodjenje à Sarajevo.
C'est une histoire sur la guerre et l'amour. Luka est serbe et il rêve de construire une voie ferrée entre la Serbie et la mer Adriatique, et pour cela, il doit construire 19 km de rail en Bosnie. Tout se passait pour le mieux quand la guerre a éclaté ! Luka n'est pas un soldat, mais son fils oui. Il rejoint l'armée serbe et l'armée bosniaque l'arrête. L'infirmière Sabaha, qui est Bosniaque est elle aussi arrêtée, mais par l'armée Serbe. Ils la confient alors à Luka, comme otage et attendent une solution à cette "prise d'otage". Le drame commence lorsque Luka tombe amoureux de Sabaha et qu'ils décident de s'enfuir loin de la Bosnie et de la guerre.
Les acteurs sont : Slavko Stimac, Natasa Solak, Davor Janjic, Mirjana Karanovic, Aleksander Bercek, Branka Katic, Vesna Trivalic ainsi que Adnanan Omerovic, étudiant à l'Académie Dramatique de Tuzla (Bosnie). L'auteur de l'histoire est Ranko Bozic (bosniaque), et le directeur de la photographie est Thierry Arbogast.
| Décembre 2001. Nouveau contrat pour 3 films |
Emir a signé un nouveau contrat avec le Studio Canal pour la réalisation de trois films, dont Hungry Heart serait le premier à voir le jour...
| Juin 2001 : Baba, star d'un jour du "Temps des Gitans", aujourd'hui réfugiée en France |
Dépêche AFP du 18 juin 2001, 7h59
LYON, 18 juin (AFP) - Il y a 12 ans, Aïcha gravissait les marches du Palais des festivals à Cannes: elle était Baba, la grand-mère du film d'Emir Kusturica, "le Temps des Gitans". Aujourd'hui, Aïcha, hébergée dans le Rhône, a fait une demande d'asile après s'être enfuie du Monténégro où elle dit avoir été persécutée par la mafia.
Cette Rom, âgée de 59 ans, montre des photos écornées par le temps et un long voyage, où on l'aperçoit à un dîner officiel avec le réalisateur bosniaque (Palme d'Or en 1985 et 1995) et Gilles Jacob, directeur du Festival de Cannes. On lui a dit que c'était le président, aussi affirme-t-elle qu'il s'agit de Jacques Chirac.
Sans amertume, Aïcha, met la main sur son coeur, pour exprimer sa reconnaissance envers les "gentilles" personnes qu'elle a rencontrées sur la Croisette, comme cet inconnu américain qui lui avait donné sa bague.
Cette mère de neuf enfants assise en lotus sur un lit, toutes rondeurs déployées, affiche la nonchalance. Visage buriné et basané par le soleil des Balkans, elle porte un fichu sur la tête, des tresses, des boucles d'oreilles, un tee-shirt d'adolescente et une jupe satinée mauve.
D'un geste lent, elle allume une cigarette, et dit d'une voix rocailleuse souhaiter simplement de "l'eau, du pain et une maison pour être tranquille en France".
Il y a plus de 10 jours, cette Monténégrine a quitté l'ex-Yougoslavie, persécutée, selon ses dires, par "la mafia" qui lui demandait de l'argent, la menaçant de la tuer, intention qu'elle décrit en faisant glisser une main à l'horizontale près de son cou. Cette même mafia a détruit sa maison qu'elle avait construite avec l'argent du film, la laissant démunie, explique son fils, Alexander, réfugié politique, qui traduit la conversation en français à la journaliste de l'AFP.
Par prudence, sa mère ne souhaite voir publier ni son nom complet, ni l'endroit précis où elle se trouve.
Kusturica, un "homme de coeur"
Elle a alors subi le sort de milliers de ressortissants de l'ex-Yougoslavie qui ont fui leur pays via l'Albanie et le port de Vlora, les conditions inhumaines de la traversée en bateau pour rejoindre Brindisi en Italie, d'où elle a gagné Lyon en camion.
L'actrice d'un seul réalisateur se rappelle d'Emir Kusturica, un "homme de coeur". Pour lui, elle a été Baba, la grand-mère qui berce son petit-fils, Perhan, avant qu'il ne se mette à voler pour survivre, en Italie, sur les airs tziganes mélancoliques de Goran Bregovic. Plus tard, elle sera Sujka, dans "Chat noir, Chat Blanc" (1998).
Elle n'a pas revu Kusturica depuis trois ans, mais s'il lui proposait aujourd'hui de jouer dans un autre film, elle accepterait aussitôt, tout en s'inquiétant avec humour de sa réponse, car elle a perdu depuis, quelques dents de devant.
En 1987, des collaborateurs de Kusturica étaient venus chez elle au Monténégro pour lui proposer un rôle dans "le Temps des Gitans". Elle l'avait rencontré pour la première fois à Skopje en Macédoine, la même année.
Lors de l'une des dernières scènes du film, Baba refuse stoïquement pour la énième fois de l'argent à son fils devenu fou. Pour se venger, celui-ci arrache avec un bulldozer la structure de la maison préfabriquée de sa mère, qui se retrouve sous la pluie en chemise de nuit protégeant de sa corpulence sa belle-fille et une enfant.
"Avec la mafia, c'est le contraire du film, j'ai donné tout mon argent espérant qu'ils me laisseraient en paix", explique-t-elle.
Aïcha est convoquée le 10 septembre par la préfecture du Rhône pour un premier examen de sa demande d'asile.