Papa est en voyage d'affaires


Titre original : Otac na službenom putu (1985)
VO : serbe
Durée : 135 mn
Musique : Zoran Simjanović
Script : Abdulah Sidran
Photo : Vilko Filać
Récompenses :

  • Palme d'Or à l'unanimité du Festival de Cannes, 1985
  • Prix de la Fédération Internationale de la Presse Cinématographique (FIPRESCI) au Festival de Cannes, 1985


La rupture de Tito avec Staline en 1948 a marqué non seulement le début d'une période confuse mais aussi très dangereuse pour beaucoup de noyaux durs du communisme yougoslave. Une remarque négligente au sujet d'une bande dessinée dans un journal est suffisante pour que Mesha soit dénoncé par son beau frère et rejoigne beaucoup d'autres en prison. Sa famille est alors forcée de faire face à la situation et d'attendre sa libération. L'histoire est vue du point de vue de son fils Malik, qui croit la version de sa mère : "papa est en voyage d'affaires"...

Casting :


B.O.F. :

  1. Mesecarenje do Mase (Le petit somnambule s'en va retrouver Macha)
  2. Cikita (Chiquita)
  3. Dolazail kod Ankice (L'arrivée chez Ankica)
  4. Ziv je (Il est vivant !)
  5. Majka u panici (Maman est prise de panique)
  6. Posle mosta (Après le pont)
  7. Bajkal (Le lac Baïkal)
  8. Aeromiting (le meeting aérien)
  9. Hapsenje (L'arrestation)
  10. Balada o braci Moric (Ballade des frères Moric)
  11. Ljubav (L'amour)
  12. Odlazak Mase (Le départ de Macha)
  13. Klice vila iznad Trebovica (la fée chante au dessus des montagnes de Trebovice)
  14. Kraj (Somnambulisme)

La B.O.F., éditée chez Milan est aujourd'hui épuisée.

DVD, VHS


Anecdotes :

Note : On voit dans ce film déjà plusieurs acteurs fétiches de Kusturica : Miki Manojlović, bien sur, que l'on retrouve dans Underground et Chat Noir Chat Blanc, mais aussi Davor Dujmović que l'on retrouvera en premier rôle dans le Temps des Gitans et en handicapé dans Underground, et enfin Mirjana Karanović, à l'affiche notamment de La vie est un miracle.

Malik, le fils de Meša est somnanbule. Ses promenades nocturnes sont souvent dangereuses... On peut interpreter ce personnage de Malik comme une métaphore vivante de la "nouvelle Yougoslavie", du point de vue d'Emir Kusturica en 1985 : Malik voit autour de lui sa famille bosniaque musulmane, ses voisins serbes, sa tante croate... et lui, il rêve d'un ballon de football en vrai cuir, il rêve de voler, d'être libre sans cette clochette attachée au bout de son pied, il veut comprendre pourquoi son père est parti, pourquoi on fait des enterrements avec des cercueils vides... et quand il se promène la nuit en somnanbule, il revient ... sain et sauf : il représente un avenir possible !

Emir Kusturica : "Obtenir la Palme d'Or à Cannes ? Je n'y croyais pas une seconde. J'ai regardé à tout hasard la retransmission télévisée de l'annonce des prix. J'étais à Sarajevo dans mon appartement. Miloš Forman parlait et je me suis dit c'est foutu, on n'aura même pas le Prix de la mise en scène...". Pourquoi Emir a-t-il quitté Cannes après la projection de son film ? Il devait absolument revenir à Sarajevo pour aider un ami à refaire la plomberie de son appartement...

Le titre de travail du film, tel que proposé par Abdulah Sidran était Maladies d'enfants, suggérant que les nombreux épisodes du communisme post-seconde guerre mondiale étaient en fait les bénignes maladies d'un jeune pays, et que Malik, le jeune héro du film les subissait toutes.

Il y a eu une version longue de ce film, diffusée en épisodes à la télévision yougoslave.

En recevant sa première Palme d'or à Cannes, en 1985, Emir Kusturica déclara à un journaliste du Journal du dimanche : "Mon film a bénéficié d'une distribution remarquable. On en a tiré douze copies", ce qui était alors exceptionnel en Yougoslavie...

La fameuse caricature, origine des problèmes de Meša est réellement parue dans le quotidien Politika en juillet 1950. On voit Marx surplombant Staline, qui est au deuxième plan. Meša a le malheur de la commenter à voix heute et dit cette simple phrase "ce n'est pas un peu exagéré... ?", mais cela suffit à la charmante délatrice et au policier zélé de l'envoyer dans un camp de travail. A cette époque, les relations entre l'URSS et la Yougoslavie étaient très tendues : le 28 juin 1948 Staline avait officiellement condamné la Yougoslavie. Le point d'orgue sera atteint le 22 juillet 1952 lors du match de football des Jeux Olympiques d'Helsinki (Finlande). La Yougoslavie bat l'URSS 3 à 1. Le match sera perçu par les Yougoslaves comme une victoire du Titisme sur le Stalinisme.


Critiques :


Affiches :


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