Sarajevo


La ville de Sarajevo fut fondée en 1262 par le général hongrois Cotroman ; elle s'appelait alors Bosnavar (ville de Bosnie). Il faut attendre le XVe siècle, l'islamisation de la région et la domination turque pour que la ville soit agrandie. Lors des guerres turques, Bosnavar est souvent disputée: elle tombe aux mains de Mathias Corvin, roi de Hongrie, en 1480. Pas moins de six incendies la ravagèrent entre 1480 et 1789. Son essor date de 1850, où elle devient le siège des plus hautes autorités islamiques. En 1878, elle accède au rang de siège de l'administration austro-hongroise de Bosnie-Herzégovine puis le siège de la diète. La ville est alors reconstruite dans le style de l'Europe centrale, tandis que les bazars et les mosquées de la ville orientale demeurent. Ses nombreuses écoles deviennent rapidement un foyer de nationalisme serbe et d'agitation anti-autrichienne.
Avec l'accord des services secrets de Belgrade, des serbes préparent les attentats de Sarajevo, dirigés contre l'archiduc héritier d'Autriche François-Ferdinand. Ce dernier échappe à un premier attentat le 28 juin 1914, mais au cours de la même journée, il est assassiné avec sa femme par un étudiant bosniaque, Gavrilo Prinzip. L'occasion d'" éliminer la Serbie des Balkans comme élément politique " est trouvée. Ce meurtre fut indirectement à l'origine de la guerre de 1914-1918.
En 1918, les notables de la ville proclameront le rattachement de la Bosnie-Herzégovine à la Yougoslavie en formation. Durant la Seconde Guerre mondiale, la ville souffrira beaucoup des bombardements alliés. En 1944, lors de sa libération par les partisans de Tito, elle sera réincorporée à la Yougoslavie. Le régime socialiste y fondera une université en 1946. Les jeux Olympiques d'hiver s'y déroulèrent en 1984. À partir de mars 1992, Sarajevo a subi, de la part des forces serbes bosniaques hostiles à l'indépendance de la Bosnie-Herzégovine, un long siège meurtrier et destructeur. Aujourd'hui, la ville, qui compte environ 500 000 habitants, a les fonctions administratives, commerciales et culturelles d'une capitale. Plus de 40 % de la population active est employée dans l'industrie. À l'artisanat, au travail du cuir, aux industries alimentaires et textiles se sont ajoutées des industries métallurgiques animant les faubourgs situés en aval et par lesquels l'agglomération atteint aujourd'hui la vallée de la Bosna.

Plusieurs fois détruite, la ville semble avoir été maintenue en vie grâce à ses artistes. Emir Kusturica est né à Sarajevo, et tous ses premiers films y trouvent leur cadre : ainsi le bar Titanic se trouve "rue Moutélévitch, en bordure du parc qui entoure la manufacture de tabac" ; l'histoire de Te souviens-tu de Dolly Bell ? s'y déroule entièrement, et les personnages en parlent le patois local ; la famille de Papa est en voyage d'affaire y habite avant que Meša ne soit envoyé en camp de travail ; enfin, le camp tsigane du Temps des Gitans se trouve en banlieu de Sarajevo, mais le salut se trouve ailleurs : à Ljubljana pour soigner la soeur de Perhan, ou à Milan pour gagner l'argent facile.

Sarajevo a été depuis des siècles l'endroit où musulmans, Serbes, Croates, Turcs et Juifs ont toujours cohabité dans la tolérance et la coexistence pacifique. Une fracture s'est produite, nous observons avec patience le retour à la normalité.


Belgrade


Belgrade, la ville blanche, capitale de la Serbie-Monténégro, a toujours été le carrefour de communication le plus important des Balkans. Les vicissitudes de l'Histoire ont fait que la ville fut plusieurs fois détruite par des guerres, notamment lors de la Seconde guerre mondiale, et des insurrections diverses. L'Histoire se répète car Belgrade a été fortement bombardée par les forces de l'OTAN en 1999. Cependant, l'ancienne forteresse possède de nombreux musées qui font sa renommée. Le Musée national expose des témoignages artistiques et archéologiques, depuis les premières traces de civilisation humaine, jusqu'au milieu du XXe siècle. Les objets de la préhistoire sont caractérisés par le célèbre petit char votif de Dupljaja, qui représente une divinité traînée par des canards. De nombreux vestiges de l'Antiquité hellénique et romaine, dont des masques d'or, des portraits, des vases en bronze ou des terres cuites méritent la visite. Le musée comporte différentes sections couvrant toutes les époques allant jusqu'à l'art moderne et contemporain. Le musée Ethnographique, situé dans le centre-ville, renferme de riches collections folkloriques d'objets anciens, de costumes, de tapis, de coffres, d'oeufs peints, de bijoux et depoteries. Le musée des Fresques possède d'admirables copies des peintures murales, très intéressantes, décorant les monastères médiévaux de Serbie et de Macédoine. On peut visiter la stratégique citadelle de Kalemegdan, bâtie sur un éperon rocheux, à la jonction de la Save et du Danube, où les éléments celtes, romains, slaves, turcs et autrichiens se mêlent. A voir également, le palais de la princesse Ljubica, un authentique palais de style balkanique, caractérisé par une petite tour, destinée à garder la maison.

C'est bien sûr à Belgrade que se situe l'essentiel de l'action de Underground. Plusieurs scènes de villes ont été tournées à Prague (pour ses décors naturels et ses maisons anciennes), d'autres sur place, à Belgrade. En effet, la législation yougoslave était beaucoup plus permissive pour l'utilisation d'explosif et de fumigènes qu'à Prague. Il y était donc plus facile de filmer la ville bombardée...


Zagreb


Située entre la rivière Save et le mont Medvednica (1 035m), Zagreb est une ville de tramways bleus qui glissent entre d'imposantes bâtisses qui rappellent Vienne ou Budapest. Il existe en fait 3 Zagreb : la ville haute "Gornji Grad" au patrimoine ancien, la ville basse "Donji Grad" construite à partir du XIXe siècle, et la ville nouvelle, bâtie après 1945. En funiculaire ou à pied, monter dans la ville haute, flâner dans les ruelles et sur les petites places pavées, admirer l'église Saint-Marc (XIIIe siècle), le palais du Ban de style baroque et les nombreuses maisons dont beaucoup sont aujourd'hui des musées. On peut redescendre à pied par la Radiceva pour aller jusqu'à la cathédrale, en passant par le marché Dolac, très animé le matin. A visiter : le musée de la Ville de Zagreb, situé dans l'ancien couvent des Clarisses, ainsi que le musée d'Art naïf et le musée d'Art contemporain. La rue Ilica (plus de 5 km) mène à la place du Ban-Jelacic. C'est ici que bat le coeur de la ville basse. C'est aussi à cette place que mènent la plupart des lignes de tramway. Nombreux commerces, vêtements, livres, disques et restaurants. On se balade à pied ou en tramway (le forfait 1 jour coûte environ 1.5 €). A visiter : la rue Tkalciceva et ses terrasses de café, le parc Maksimir, le cimetière Mirogoj.

Liens :
www.ot-croatie.com


Ljubljana


Ljubljana est située au coeur de la Slovénie. Le patrimoine architectural de la ville est riche en monument de toutes sortes et de toutes les époques, de l'Antiquité au XIXe siècle. Elle est marquée par le sceau d'un architecte de renommée internationale, Joze Plecnik, qui bâti des ponts célèbres ainsi que le marché ou encore la Bibliothèque nationale et universitaire. Le Vieux Ljubljana est propice à la flânerie. On y accède par le triple pont (Tromostovje), l'un des fleurons de la ville. En été, les ruelles étroites sont encombrées par les terrasses des cafés. Le marché en plein air de Pogarcarjev est un lieu de promenade recommandé. Ne manquez pas de visiter le château et d'admirer la vue panoramique, depuis la promenade des remparts, permettant d'admirer toute la ville et ses environs.

Dans Temps des Gitans, Perhan rêve d'envoyer sa soeur à l'hôpital de Ljubljana : là seul ils sauront soigner ses jambes.

Emir Kusturica n'a jamais été très chaudement accueilli à Ljubljana. Une vieille rivalité existe entre la Slovénie d'une part, et la Serbie et la Bosnie d'autre part. Ses films n'y sont jamais des succès commerciaux, et on voit nettement dans Underground comment les armées nazies sont applaudies par la foule, au contraire de Belgrade et Sarajevo.


Skopje


Bien que dans le passé Skopje n'a jamais eu son importance actuelle, "Skupi" était aux premiers siècles de l'ère chrétienne une ville importante du grand empire romain. La première ville a été détruite par le tremblement de terre de 518, mais fut bientôt reconstruite, proche des ruines, et toujours près du Vardar, de sorte qu'au début du 7ème siècle c'était encore un centre marchand important. C'est pendant la période de l'empereur Justinien de Byzance, que la région de Skopje a pris de l'importance. Les Slaves ont conquis la ville en 695 et lui ont donné son nom. Ils sont devenus tellement indélogeables vers la fin du 10ème siècle le début du 11ème que Skopje est devenu un centre marchand très actif. A Skopje est lié un événement majeur de l'histoire des Serbes, car l'empereur Dušan de Serbie a été couronné ici le 16 avril 1346. Les Turcs ont conquis la ville en 1392 et l'ont gardée jusqu'en 1912. Cela explique que les monuments culturels et historiques de Skopje sont principalement liés aux périodes turques. Le monument le plus impressionnant de Skopje est le pont en pierre à travers le Vardar, qui a été construit dans la période du Sultan Muarat I (1421 - 1451). Érigé au milieu d'une ville qui avait été ainsi beaucoup de fois brûlées et détruites, ce pont en pierre avec ses voûtes conserve aujourd'hui sa fonction dans la ville reconstruite. La mosquée Hjumcar, dotée par ce sultan, a été construite en même temps. Malheureusement cette belle structure prit feu, et sa beauté originale n'a pas survécue à la restauration. La plus belle des mosquées de Skopje est aujourd'hui celle de Mustafa- Pasha, construite en 1492. Parmi d'autres monuments turcs du 15ème siècle, on note encore une galerie d'art. Sa structure est mémorable pour ses coupoles non symétriques et son architecture intérieure parfaitement préservée.

Aujourd'hui, la ville est toujours profondément marquée par le tremblement de terre de 1963, qui détruisit presque entièrement la cité et de nombreux monuments anciens. Il reste pourtant des sites remarquables à visiter. La petite église Saint-Sauveur (Sveti Spas) du XVIIe siècle, détient une iconostase remarquable de dix mètres de long et de six mètres de large, datant de 1824. C'est un support en bois sculpté servant de cloison, qui permet de grouper les nombreuses icônes et qui séparait l'autel des fidèles. Celui-ci évoque des scènes de la Bible, ainsi que les artistes, eux-mêmes, autorisés à se représenter pendant leur travail. Le monumental Hamman Daut-Pasa du XVe siècle est le plus grand bain turc de la péninsule balkanique. Il héberge actuellement une galerie d'art moderne, ainsi qu'une collection d'icônes macédoniennes. Le vieux caravansérail de Kursumli Han date du XVIe siècle. Il abrite le Musée archéologique, comprenant de précieuses pièces de l'Antiquité romaine, hellénistique, et de l'époque byzantine, découvertes lors des fouilles de Stobi et de Héracléa Lyncestis. Il ne faut pas manquer de se promener dans le pittoresque vieux quartier marchand. Chaque rue appartient à une corporation d'artisans, et le visiteur est invité à parcourir les étroites ruelles du bazar, haut en couleurs.