Christine de Pisan

Christine de PisanChristine de Pisan est une écrivaine et poétesse née en 1364 à Venise.
En 1368, elle suit son père Thomas de Pisan, astrologue réputé, appelé à la cour du roi Charles V.

Après le décès de son père, puis de son mari, Christine se retrouve sans appui ni famille à la cour. Réduite à la pauvreté et devant essuyer plusieurs procès pour dettes, elle se résout à travailler pour nourrir ses enfants et choisit le métier d’homme de lettres (elle dira elle même que "de femelle devins masle").
Christine se réfugie alors dans l’étude et compose une série de pièces lyriques compilées dans Le Livre des cent ballades qui obtiennent un franc succès. Ces pièces pleurent son défunt mari :

''Seulette suis et seulette veux être,
Seulette m’a mon doux ami laissée,
Seulette suis, sans compagnon ni maître,
Seulette suis, dolente et courroucée...''

Christine de Pisan obtient alors des commandes et la protection de puissants comme Jean de Berry et le duc Louis Ier d’Orléans. Elle prend alors de l’assurance et s’attelle à la rédaction d’écrits érudits philosophiques, politiques, moraux et même militaires. Elle s’engage alors parallèlement dans un combat en faveur des femmes et notamment de leur représentation dans la littérature. Elle s’oppose en particulier à Jean de Meung et à son Roman de la Rose, alors l’œuvre littéraire la plus connue, copiée, lue et commentée en Europe occidentale.

Dénonçant l'abaissement et le délitement du royaume durant la guerre civile entre les Armagnacs et les Bourguignons, elle rédigea une œuvre magistrale et précieuse pour les historiens actuels, Faits et actes du sage Roy Charles Quint, biographie riche en détails sur le règne de son mentor, Charles V de France.

La plupart de ses œuvres sont conservées dans des manuscrits autographes, ce qui est très rare pour cette époque.

Féministe avant la lettre, Christine de Pisan en effet attribue l'inégalité intellectuelle entre hommes et femmes non à la nature, mais à l'éducation et aux représentations d'elles-mêmes fournies aux femmes par le discours misogyne dominant.

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