Le concile de Pise

Alexandre VEn 1409, cela faisait déjà 30 ans que le grand schisme d'occident n'était toujours pas résolu : un pape siégait à Rome, un autre à Avignon.

L'Eglise vivait une de ses plus graves crises. Malgré toutes les tentatives de médiation qui avaient été faites, elle ne parvenait à démettre aucun des deux pontifes. Certains cardinaux unionistes proposèrent alors d'organiser un concile pour mettre fin au schisme. Les ducs de Bourgogne, véritables maîtres de la France en raison de la maladie du roi Charles VI, firent pression sur l'Université de Paris puis sur les cardinaux français, pour mettre fin au schisme. Les cardinaux finirent par faire connaître par lettre leur volonté de convoquer un concile pour le printemps 1409. Ils durent déployer une grande énergie pour gagner à leur projet un maximum de participants. L'appel se fit jusqu'à l'empire byzantin. L'entreprise fut couronnée de succès puisque 500 représentants des deux obédiences se réunirent à de Pise, du 25 mars au 7 août 1409. Il y eut notamment vingt-quatre cardinaux qui participèrent à ce concile, dont quatorze cardinaux romains et dix venus d'Avignon.

A l'issue de leurs délibérations, ils décidèrent de déposer les deux papes et d'en élire un nouveau. Le 5 juin, la condamnation des deux pontifes rivaux fut prononcée et les cardinaux pisans élurent Alexandre V le 26 juin. Mais les cardinaux furent immédiatement excommuniés par les deux papes rivaux et la situation ne fit qu'empirer : il y eut alors trois papes (dont deux antipapes).

En 1410, Alexandre V meurt, mais les pisans élisent rapidement un successeur : Jean XXIII, sans pour autant résoudre la crise.

Pendant 5 ans, la chrétienté est partagée en trois obédiences :

  • celle de Jean XXIII qui comprend la France, l'Angleterre, la Pologne, la Hongrie, le Portugal, les royaumes du Nord, avec une partie de l'Allemagne et de l'Italie
  • celle de Benoît XIII, composée des royaumes de Castille, d'Aragon, de Navarre, d'Écosse, du duché de Bretagne, des îles de Corse et de Sardaigne, des comtés de Foix et d'Armagnac
  • celle de Grégoire XII, qui conserve en Italie plusieurs villes du royaume de Naples et toute la Romagne, ainsi que la Bavière et le palatinat du Rhin.

Il faudra attendre le concile de Constance, réuni à partir de 1414 pour que se règle définitivement le problème du Grand Schisme.

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