27 juin 2008

La Grande Boucherie

Rive droite de la Seine à Paris, lorsque le Grand Châtelet avait encore un rôle défensif, se tenait au nord du bâtiment militaire, une des portes de Paris, qui est devenue, avec l'extension rapide de la population et par homonymie, la place de l'Apport.
Cette place fut longtemps le théâtre de commerces de tous genres, avant que celui ci ne s'organise par les Bouchers.
Entre les rues Saint-Jacques et Saint-Denis, à la place de l'actuelle rue de Rivoli, se construisit, avec l'aval du roi, un imposant édifice. Sa situation extra-muros, mais près d'un axe de passage, répondait à une double considération, tant hygiénique, que pratique.
La grande boucherie du Châtelet (place de l'Apport) La Grande Boucherie comprenait trois niveaux. En premier lieu, les caves où étaient entreposées des instruments, des détritus et même quelques bonnes bouteilles de vin de Bourgogne. Le rez-de-chaussée était surélevé de trois ou quatre marches et présentait des étals disposés le long de deux allées se coupant à angle droit. La lumière provenait de hautes baies dépourvues de vitres. L'éclairage artificiel était interdit : il pouvait donner un faux aspect aux viandes. Enfin, à l'étage était installée une salle des fêtes, pour les intronisation de la corporation des Bouchers, ainsi qu'une petite chapelle privée.

Il s'agissait sans doute de l'un des lieux de contre-pouvoir les plus importants de Paris, face au Louvre (pouvoir royal) et à Notre Dame ou à la Sorbonne (pouvoir religieux). Les bouchers étaient en effet les marchands les plus riches et les plus puissants de Paris.

L'église attenante à la Grande Boucherie portait d'ailleurs l'empreinte de la puissante corporation : Saint-Jacques-de-la-Boucherie.

Aubry Haussecul, personnage fictif du roman, est un des bouchers qui y travaille, de père en fils depuis plusieurs générations. Son nom provient d'un mélange entre deux personnages historiques : un boucher du XIIIème qui a donné son nom à la rue Aubry-le-Boucher, dans le IVème arrondissement, et un certain Guillaume Haussecul, riche boucher du XVème siècle qui est mentionné dans plusieurs papiers pour avoir fait construire une chapelle attenante à sa boucherie.

Pour aller plus loin, on consultera le très complet site de sur l'histoire de la Grande Boucherie du Châtelet : grande-boucherie.chez-alice.fr

24 juin 2008

Paris, quatorzième siècle

Plan de Paris - 1383 Au quatorzième siècle, la ville de Paris est la plus peuplée d'Europe. Avec ses 200.000 habitants, elle surpasse largement Londres (50.000), Moscou ou Rome.

La ville est fortifiée à cause des menaces pressantes des Anglais. Le roi Charles V fait construire une enceinte plus large que celle de Philippe Auguste, et qui englobe alors l'ensemble des actuels 3e et 4e arrondissements, sur la rive droite. La rive gauche restant confinée dans la muraille de Philippe Auguste.

On distingue sur la carte ci-contre (datant de 1383) les enceintes successives (en pointillés), ainsi que les grands axes de communication nord-sud et les ponts sur la Seine. On remarquera également que seule l'île de la Cité est construite. L'actuelle île Saint-Louis étant même coupée en deux îles, qui ne seront réunies qu'une centaine d'années plus tard.

La ville est organisée en trois grandes parties, séparées physiquement par la Seine :

  • rive droite, se trouvent les artisans, les commerçants et les riches bourgeois, organisés en corporations.
  • rive gauche, se trouve le pouvoir religieux, avec de grandes abbayes comme Saint-Germain des Prés (encore hors les murs de Paris au XIV ème), ou les facultés d'art et de science, comme la Sorbonne.
  • au centre et le long de la Seine se dresse le pouvoir royal, avec, d'aval en amont, le palais royal du Louvre, le palais de Justice sur l'île de la Cité, le Grand Châtelet, la cathédrale Notre Dame, l'hôtel Saint-Paul où loge le roi et la reine, et enfin la Bastille dont la construction démarre à la fin du XIVème.

Au quatorzième siècle, en France, les temps sont troubles, surtout depuis l'accession controversée au trône de Philippe VI en 1328, en vertu d'une loi salique bien opportune. De plus, en ville comme dans les campagnes, on se remet à peine de la peste noire de 1348 qui a décimé près d'un quart de la population. Des émeutes éclatent à Paris (la Jacquerie, en 1358, voit l'avènement d'Etienne Marcel), et le roi Jean II est fait prisonnier par les Anglais à la bataille de Poitiers en 1356. La France est désorientée, appauvrie, affaiblie et malade.

Période décriée de l'histoire de France, elle brille néanmoins par quelques uns de ses artistes ou de ses intellectuels(Nicole Oresme, Christine de Pisan, etc.). Des chefs d'oeuvres sont créés, sur le plan architectural, mais aussi en sculpture, peinture, et littérature...